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Isa

Chez Julien

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Il parait qu’un arbre pousse dans sa cuisine.

 

Tous les jours, depuis cinq ans, je passe devant chez lui. Et tous les jours, au même moment, je suis tentée d’aller voir si l’arbre existe vraiment. Alors une fois, j’ai décidé de m’arrêter. C’est comme ça que je l’ai rencontré. Il s’appelle Julien. Il est paysan.

 

Depuis ce jour, je lui rends visite régulièrement. Julien parle peu, mais l’expression de son visage nous dit le reste. Chez Julien, il suffit de regarder.

Sa maison en terre semble fondre aussi vite que le temps passe. Un temps qui, pour beaucoup, est déjà passé. Le temps de Julien, c’est celui des saisons qui passent, de la grange où logent ses vaches et de ses chèvres qui, une fois rassemblées, m’évoquent l’image biblique de la nativité.

 

Julien n’est fidèle qu’à sa maison et à ses bêtes qu’il n’a jamais quittées, car de femme, il n’en a pas rencontré. Et pour cause, «elles n’ont jamais voulu vivre comme moi », m’a-t-il un jour confié. Sauf peut-être sa mère qu’il a gardée à la maison jusqu’à son dernier souffle.

 

Hier, pour la première fois depuis un an, Julien m’a ouvert sa porte. Une foule de calendriers tapissent les murs et, dans la cheminée, une soupe chaude remplissant une vieille marmite, attendait d’être mangée.

Chez Julien, comme chez les paysans que j’aimais visiter enfant, rien n’est spectaculaire, nul objet n’est donné à voir. Une simplicité et une grande pudeur se dégagent de ces hommes à l’intérieur desquels « la terre coule dans leur veines». Une terre qui disparaît peu à peu à mesure que l’agriculture s’étend à perte de vue.

 

Chez Julien, 2009

10 photographies couleurs contrecollées sur bois

60x40 cm

Edition of 6 + 2 EA

 

1 Video:

http://www.laforgeauxutopies.com/archives/video/Julien.mp4

 

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